Jimmy Milachon

Jimmy Milachon

Interview de Benito Ros... «Je n’ai jamais pensé à la fin» !

VU SUR TRIBALZINE.COM

Chaque année, la fin de saison est l’occasion de se poser pour faire le bilan mais aussi d’envisager l’avenir. C’est pourquoi nous vous proposons un entretien exclusif avec Benito "La Bestia" Ros. Le pilote espagnol, sacré 9 fois Champion du Monde, revient pour nous sur cette saison, marquée par sa blessure au poignet et la perte de ce maillot arc-en-ciel qu’il détenait depuis 6 années. Une saison d’autant plus particulière, que c’est la première depuis de nombreuses années durant laquelle Benito n’a remporté aucun titre. Et que cette marque pour laquelle il s’est battu a sombré brutalement. La motivation de la Bestia en a-t-elle pris un coup ? Pense-t-elle à rendre les armes ? Aucunement, le pilote le plus titré du circuit UCI nous l’assure : «Je n’ai jamais pensé à la fin» !

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On remercie vivement ce sympathique pilote qui répond à nos questions, comme à chaque fois, avec beaucoup de gentillesse et de franchise.

Tribal Interview

Salut Benito. Avant toute chose, cette interview de fin de saison est devenue un classique et nous te remercions pour ta disponibilité. 2013 a été marquée par ta blessure au poignet. Comment as-tu vécu cela ?

Salut à vous. Je suis quelqu’un de franc et je ne me cherche pas d’excuses. Je ne vais pas te dire que si je n’avais pas été blessé, tout aurait été différent. Avant cette blessure, j’étais en forme mais pas à 100%. JPEG - 312.3 koJ’ai fait ce que j’ai pu ; ça a été un contre-la-montre. Je suis arrivé au Mondial avec un mois de retard dans ma préparation. Et pour couronner le tout, je me suis mis un coup en m’entraînant à Madrid : cela m’a encore retardé de 2-3 semaines supplémentaires.

Que s’est-il passé ?

Sur une série d’exercices, je suis tombé sur le dos, m’abimant sérieusement le coccyx. Cela m’a provoqué de fortes douleurs au moment des impulsions pour franchir. De ce fait, la première fois que je me suis senti bien, ce fut à Méribel. J’ai commencé à me sentir mieux du dos. On peut donc dire que j’ai subi une accumulation d’imprévus.

A Méribel, tu as roulé fort. On t’a vu au top pour disputer le Mondial…

Je sentais qu’il y avait des bonnes journées et d’autres mauvaises. Avant, je trouvais que mes mauvaises journées, finalement, n’étaient pas si mal. Cette saison, un mauvais jour était vraiment mauvais… A Méribel, j’étais bien ; il y a eu quelques erreurs, bien sûr, mais globalement, j’étais très satisfait.

A partir de Méribel et voyant le niveau des autres pilotes, tu t’es dit qu’il était possible de gagner le Mondial, malgré ces « jours sans » ?

J’ai toujours été positif. Mon objectif était de tout faire pour que ce soit une « journée avec ». J’ai fait tout ce que j’ai pu : préparation, repos, etc. Mais cela n’a pas marché… Au contraire, ça a été l’une de mes pires journées. Mais je ne me cherche pas d’excuses. Je n’ai pas été à la hauteur. Le premier tour a été un désastre total, je n’étais pas dedans. Je ne parle pas de gagner ou pas : je n’étais tout simplement pas dans la compétition dans ce premier tour.

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JPEG - 376.2 koA l’issue de ce premier tour difficile, ça a été une lutte pour remonter dans le classement. Raconte-nous comment tu as vécu la suite de la compétition.

Le deuxième tour a été meilleur que le premier, bien sûr, en termes de points. Dans le premier tour, je partais pour gagner mais ce n’était pas un bon jour et j’ai commis beaucoup d’erreurs. J’ai tenté presque tout et rien ne me réussissait. Je commençais donc mal ce Mondial. Au second tour, j’étais plus à la hauteur de l’événement, j’analysais ce que je faisais. J’ai tenté des passages au premier que je n’aurais pas dû. Au deuxième, j’ai amélioré certains passages et dans la dernière zone, j’ai demandé où j’en étais. On m’a répondu que je devais la sortir à 1 pour être troisième. Et c’est ce qui s’est produit.

Comment étaient les zones ?

Les zones étaient variées, comme dans tout Mondial. Je ne cherche pas d’excuses mais c’était des zones différentes. Elles n’étaient pas d’un niveau excessif. Certains passages étaient durs mais Abel a réalisé de très bonnes choses.

¿On peut dire que ce fut un Championnat du Monde un peu particulier ? On a parlé de ce qui t’est arrivé, ainsi qu’à Ion, Rick, Gilles…

Oui, les zones n’étaient pas comme d’habitude. Et encore, les 26 ont roulé sur le sec… Il faut s’imaginer, on roulait de nuit et j’ai fait ce que j’ai pu. On a évoqué la possibilité de reporter au lendemain, à causes de mauvaises conditions. Je ne voulais pas laisser tomber, j’y étais pour le faire. Bien sûr, si j’avais su que cela se passerait aussi mal, j’aurais peut-être pensé à l’abandon ; mais bon, j’y étais et je voulais rouler. Curieusement, avec l’accumulation d’entraînement, je peux te dire qu’après le Mondial, je me sentais en super forme. A Anvers, j’ai réussi des passages que je n’avais jamais passés auparavant. Mais bon, c’est arrivé avec un mois de retard…

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Depuis que l’on se connait et que l’on fait cet entretien de fin de saison, c’est la première fois que l’on ne peut pas parler d’un titre. Comment le vis-tu ? Cela te donne un regain d’énergie pour 2014 ?

Cela ne dépend plus de ce que j’ai réussi ou pas. Je vais continuer à me battre, essayer de donner le maximum, comme toujours. Je ne sais pas si je vais gagner ou non, j’espère que oui. Je vais profiter de ma très bonne forme actuelle pour tenter de renouer avec la victoire.

JPEG - 291.2 koA chaque saison, nous te le demandons : encore combien de temps vas-tu rouler ?

Je n’ai jamais pensé à la fin. Je suppose que quand ça arrivera, ce sera soudain, le jour où je me dirais que je ne veux plus affronter toute la préparation nécessaire à une nouvelle saison… Ce ne sera pas cette année, je peux te le dire. Ce qui est sûr, c’est que ces dernières années, j’ai subi des blessures qui m’ont empêché d’être à mon meilleur niveau. Ma cheville a été un vrai casse-tête et continue à l’être.

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Comment te sens-tu physiquement ?

Entre 2011 et 2013, ça a été dur. Aujourd’hui, je me sens bien, mieux que les années précédentes. Ma cheville va beaucoup mieux, je peux même courir, ce que je ne pouvais faire il y a encore quelque temps. Avec mon poignet, je sais que j’ai pris des risques en voulant reprendre le plus tôt possible. Kenny m’a fait un peu peur en me disant de penser aux conséquences d’une récupération interrompue trop vite. Mais bon, on peut dire que je suis bien.

JPEG - 339.6 koTu vas encore faire au moins une saison en 26 avant d’arrêter ?

Je doute que je fasse encore une saison en 26. Je suis un pilote de 20 pouces. A certains moments de la saison, je ferai peut-être les deux mais je dois être très fort pour ça. Je suis un pilote 20 pouces et sur un 20 pouces je mourrai (rires).

Tu étais pilote Koxx et Koxx s’est déclaré récemment en faillite. Comment le vis-tu ? As-tu des contacts avec d’autres marques pour 2014 ?

Les choses n’allaient pas bien pour la marque depuis quelques temps. Ils ont cherché des solutions mais ça n’a pas fonctionné. Ma carrière à haut niveau, je la dois à 90% à Koxx. On a vécu une grande relation ensemble. La fin n’a pas été, pour moi, trop laide. Mais ce fut un événement très rapide. Je ne les accuse de rien. Ils ont toujours fait ce qu’ils ont pu ; il y a toujours eu des gens affectés plus que d’autres mais aujourd’hui, on est tous concernés. Tu peux regarder ta situation personnelle de façon égoïste mais je pense que quand tu fais partie d’un team, tu es là pour les bons et les mauvais moments. Ce n’était pas le moment de dire « tu me dois ci ou tu me dois ça ». S’il y a des dettes, que peut-on y faire ? Je suis convaincu que celui qui me doit quelque chose est dans une situation pire que la mienne, puisqu’il n’a pas compris certaines choses. Je ne suis pas nerveux ni pressé. Je suis tranquille et je pense que les propositions vont arriver. Je suis en contact avec différentes marques. Les pourparlers sont plus avancés avec certaines qu’avec d’autres mais rien n’est fait avec aucune. Je suis ouvert aux propositions. Pour l’instant, je continue à rouler avec le vélo de cette année. J’espère qu’on comprendra ma situation. J’entends bien donner le maximum pour la marque que je représenterai. J’aimerais être dans un team dont je partage la philosophie et offrir le meilleur de moi-même.

Merci beaucoup pour ta disponibilité et ta sincérité. Bonne chance pour 2014 !

Merci à toi pour l’information que tu procures à tous les passionnés de trial, y compris en ces temps difficiles.

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- Interview : Álvaro López
- Photos : Marco Patrizi / Tribal Zine - Pierre Retief / SportsPics.co.za



13/12/2013
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